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Vélo en entreprise

Vélo de fonction ou voiture de fonction : le comparatif pour l'entreprise

Karim dirige une PME à Nanterre. Sur son bureau, deux devis : une Clio de fonction et dix vélos pour l'équipe. Voici comment il a comparé les deux, chiffres officiels à l'appui.

L'équipe Cours de Vélo.fr

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6 min de lecture
Vélo de fonction ou voiture de fonction : le comparatif pour l'entreprise

Karim dirige une PME de douze salariés à Nanterre. Sur son bureau, deux devis attendent une décision. Le premier vient d'un loueur de voitures. Le second, d'un fournisseur de vélos.

Il doit choisir avant la fin du mois. Alors il compare vraiment les deux options, chiffres à l'appui.

En clair : la voiture de fonction crée un avantage en nature calculé et soumis à cotisations. Le vélo de fonction, lui, bénéficie d'une tolérance sociale. Les deux avantages ne se valent pas sur le plan fiscal, mais ils ne servent pas non plus les mêmes trajets. Notre guide du vélo de fonction en entreprise détaille le dispositif dans son ensemble ; ici, on compare frontalement les deux véhicules.

La voiture de fonction : un avantage qui coûte cher en cotisations

Sophie, la comptable de Karim, le prévient tout de suite. Une voiture mise à disposition d'un salarié n'est jamais gratuite pour l'entreprise, même sur le papier.

Depuis le 1er février 2025, un nouveau barème s'applique. Pour un véhicule acheté, l'avantage en nature retenu est de 15 % du coût d'achat. C'est le taux pour un véhicule de moins de 5 ans, ou 10 % au-delà. Ce taux grimpe à 20 % (ou 15 % pour un véhicule plus ancien) si l'entreprise paie aussi le carburant.

Pour un véhicule loué, le calcul change encore. L'avantage en nature représente 50 % du coût global annuel : location, entretien, assurance. Il monte à 67 % si le carburant est inclus. Ces taux sont fixés par l'arrêté du 25 février 2025 relatif à l'évaluation des avantages en nature.

Concrètement, cet avantage en nature s'ajoute au salaire brut du collaborateur. Il est soumis à cotisations sociales, comme un complément de rémunération classique. Plus la voiture est chère, plus la note grimpe, pour l'entreprise comme pour le salarié.

Le vélo de fonction : une tolérance sociale, pas une exonération automatique

Changement de décor. Mamadou, employé de Karim, utilise déjà un vélo électrique prêté par un ancien employeur pour aller travailler.

Sur le vélo mis à disposition de façon permanente, le BOSS prévoit une tolérance. Le BOSS, c'est le Bulletin officiel de la Sécurité sociale, opposable aux URSSAF. Cette règle figure à son paragraphe 945, sur les avantages en nature. La valeur de l'avantage qui en résulte peut être négligée. Il faut que la mise à disposition soit permanente et liée aux trajets domicile-travail.

Attention : ce n'est pas une exonération automatique et illimitée. C'est une tolérance encadrée par des conditions précises. Elle ne s'applique pas de la même façon qu'une remise ponctuelle ou un prêt occasionnel.

Résultat concret : pour un usage régulier domicile-travail, le vélo de fonction pèse moins lourd. Il coûte souvent moins cher qu'une voiture équivalente sur la fiche de paie. C'est le point de bascule pour beaucoup d'entreprises franciliennes.

Deux avantages fiscaux, côté employeur

Karim ne pense pas qu'à ses salariés. Il pense aussi à son bilan.

Une entreprise qui met gratuitement une flotte de vélos à disposition de ses salariés peut bénéficier d'une réduction d'impôt. Elle atteint 25 % du prix d'achat ou de location de la flotte, selon l'article 220 undecies A du Code général des impôts. Ce dispositif court jusqu'au 31 décembre 2027. En cas de location, le contrat doit porter sur au moins 3 ans.

Attention à un point précis : cette réduction d'impôt concerne l'achat ou la location des vélos eux-mêmes. Elle ne couvre pas la formation des salariés qui reçoivent ces vélos. C'est pour ça que notre offre de formation des salariés qui reçoivent un vélo de fonction reste à part. Elle vient en complément, jamais comme un poste éligible à cette réduction d'impôt.

Il existe un second levier, valable pour le vélo comme pour d'autres modes doux : le forfait mobilités durables. Il permet à l'employeur de verser jusqu'à 600 euros par an et par salarié, exonérés d'impôt et de cotisations. En cumul avec la prise en charge de l'abonnement transport, ce plafond grimpe. Il atteint 900 euros par an et par bénéficiaire.

Aucun dispositif équivalent n'existe côté voiture. C'est une différence structurelle entre les deux avantages.

Un dispositif à ne plus jamais mentionner : le bonus vélo

Petite précision qui évite un mauvais réflexe. Le bonus vélo et la prime à la conversion pour l'achat d'un vélo n'existent plus. Ces aides, réservées aux particuliers, ont pris fin le 15 février 2025. Elles ne concernaient d'ailleurs pas l'entreprise. Mieux vaut ne pas s'y référer : ce dispositif est supprimé, pas simplement suspendu.

Vélo de fonction ou voiture de fonction : quel choix pour quel usage ?

Karim finit par poser la vraie question à son équipe : qui fait quoi comme trajet ?

Trois profils se dessinent. Céline habite à quinze minutes à vélo du bureau. Thomas fait cinquante kilomètres par jour depuis Meaux, en Seine-et-Marne. Linh partage son temps entre le bureau et des rendez-vous clients à La Défense, en horaires serrés.

Pour Céline, le vélo de fonction coche toutes les cases : coût réduit, pas de carburant, pas de recherche de place. Pour Thomas, la voiture reste souvent incontournable, vu la distance. Pour Linh, tout dépend de la fréquence des déplacements longs.

Le vélo de fonction ne remplace pas systématiquement la voiture. Il la complète, sur les trajets où il a du sens : ville, périphérie proche, distances courtes à moyennes. C'est un accompagnement à la mobilité de vos équipes qui aide à objectiver ce choix. Trajet par trajet, plutôt qu'au doigt mouillé.

Le rôle de la formation dans la réussite du vélo de fonction

Donner un vélo à un salarié qui n'a pas roulé depuis vingt ans ne suffit pas. Marco, dans l'équipe de Karim, a hésité longtemps avant de se lancer, par manque de confiance sur la route.

La formation change beaucoup de choses : prise en main du vélo électrique, gestion du trafic, itinéraires sûrs entre domicile et bureau. Ces quelques heures suffisent pour une vraie adoption du vélo de fonction. Un vélo non utilisé ne fait économiser ni argent ni impôt à personne.

En résumé

La voiture de fonction génère un avantage en nature calculé et cotisable, avec des taux revus depuis le 1er février 2025. Le vélo de fonction bénéficie d'une tolérance sociale conditionnelle. Il ouvre aussi droit à des dispositifs fiscaux dédiés côté employeur : réduction d'impôt flotte et forfait mobilités durables. Le bon choix dépend surtout des trajets réels de vos salariés, pas d'un seul chiffre.

FAQ

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Questions fréquentes

Vélo de fonction ou voiture de fonction : lequel choisir ?

Ça dépend des trajets. Pour des distances courtes à moyennes en zone urbaine ou périurbaine, le vélo de fonction coûte moins cher côté cotisations, grâce à la tolérance sociale du BOSS. Pour de longs trajets, la voiture reste souvent nécessaire. Beaucoup d'entreprises combinent les deux selon les profils.

Quels avantages fiscaux pour l'entreprise qui met en place un vélo de fonction ?

Deux leviers principaux. D'abord une réduction d'impôt de 25 % du prix d'achat ou de location de la flotte de vélos (article 220 undecies A du CGI, jusqu'au 31 décembre 2027). Ensuite le forfait mobilités durables, exonéré jusqu'à 600 euros par an et par salarié, 900 euros en cumul avec l'abonnement transport.

Le vélo de fonction remplace-t-il la voiture de fonction ?

Pas automatiquement. Le vélo de fonction complète la voiture sur les trajets courts à moyens, notamment domicile-travail en ville. Sur de longues distances, la voiture garde son utilité. Le bon dosage dépend des trajets réels de chaque salarié.

L'avantage en nature d'une voiture de fonction est-il le même que pour un vélo de fonction ?

Non. La voiture de fonction génère un avantage en nature calculé selon un barème : 15 % à 20 % du coût d'achat, ou 50 % à 67 % du coût annuel en location, depuis l'arrêté du 25 février 2025. Il est soumis à cotisations. Le vélo mis à disposition permanente bénéficie d'une tolérance du BOSS, sous conditions, et pèse en général moins lourd.

La formation des salariés au vélo de fonction est-elle éligible à la réduction d'impôt ?

Non. La réduction d'impôt de l'article 220 undecies A porte sur l'achat ou la location des vélos, pas sur la formation ou l'accompagnement des salariés. La formation reste un budget séparé, mais elle conditionne souvent l'usage réel du vélo mis à disposition.

Le bonus vélo peut-il financer l'achat d'une flotte de vélos de fonction ?

Non. Le bonus vélo et la prime à la conversion, réservés aux particuliers, sont supprimés depuis le 15 février 2025. Ils ne concernaient de toute façon pas les achats de flotte en entreprise.

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Les guides et pages de ce site sont rédigés et relus par l'équipe Cours de Vélo.fr, autour d'un moniteur certifié CQP Animateur de mobilité à vélo (RNCP40916), la certification de branche du Sport qui permet d'encadrer l'apprentissage du vélo contre rémunération (Code du sport, art. L.212-1). Nous enseignons le vélo à domicile en Île-de-France : adultes débutants, remise en selle, enfants, vélotaf et programme Savoir Rouler à Vélo.

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