Sophie ouvre son tableau Excel un lundi matin, à Vélizy-Villacoublay. Douze salariés viennent de demander un vélo pour venir au bureau. Douze vélos d'un coup, ça pèse sur la trésorerie. Alors Sophie regarde une autre piste : la location longue durée.
La location longue durée de vélo, en clair
La LLD, c'est simple à comprendre. L'entreprise loue une flotte de vélos pour ses salariés. Elle paie un loyer chaque mois, sur plusieurs années. Les vélos restent la propriété du loueur, pas de l'entreprise. Pas de gros chèque au départ. Pas de vélos à revendre dans trois ans.
Ce fonctionnement ressemble au leasing d'une voiture de fonction. Sauf que là, c'est un vélo. Ou plutôt, une flotte entière.
Pour poser le projet dans son ensemble, notre guide du vélo de fonction en entreprise détaille toutes les étapes, de la première demande RH jusqu'à la mise en circulation.
Comment fonctionne concrètement la LLD ?
Thomas dirige une PME de trente personnes à Nanterre. Il a comparé deux devis. Le premier proposait d'acheter dix vélos. Le second, de les louer pendant trois ans, avec entretien inclus dans le loyer.
Voici ce qui change avec la location :
- un loyer mensuel fixe, pas un investissement d'un coup
- souvent l'entretien et parfois l'assurance compris dans le contrat
- un engagement de durée, à négocier avec le loueur
- des vélos remplacés en fin de contrat, sans revente à organiser
Le chiffrage précis (montant du loyer, options incluses) dépend de chaque loueur. Un devis reste la seule source fiable pour un budget réel.
LLD ou achat : comment choisir ?
Thomas hésitait. Il a fini par poser la question autrement : qu'est-ce qui compte le plus pour son entreprise, la trésorerie ou la propriété ?
Avec l'achat, l'entreprise possède ses vélos. Elle gère elle-même l'entretien et le remplacement. Avec la LLD, elle lisse la dépense sur plusieurs années et transfère une partie de la gestion au loueur.
Un point compte pour beaucoup de dirigeants : la fiscalité. Une entreprise soumise à l'impôt sur les sociétés peut réduire son impôt. La règle : les frais liés à la mise à disposition gratuite d'une flotte de vélos ouvrent droit à une réduction. Le plafond est fixé à 25 % du prix d'achat ou de location de la flotte. C'est écrit à l'article 220 undecies A du Code général des impôts. Achat ou location, le principe des 25 % s'applique dans les deux cas.
Une différence compte, et elle est décisive pour la LLD. Quand la flotte est louée, la réduction d'impôt n'est ouverte que sous une condition. L'entreprise doit s'engager sur une location d'au moins trois ans. En dessous de trois ans, pas de réduction. Un contrat de trois ans ou plus coche la case.
Ce dispositif ne dure pas indéfiniment. Il couvre les frais générés jusqu'au 31 décembre 2027.
Autre limite à connaître : cette réduction d'impôt est réservée aux entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés. Une entreprise à l'impôt sur le revenu, ou un indépendant, n'y a pas droit. La déclaration se fait sur le formulaire 2069-RCI-SD (Cerfa 15252), selon service-public.gouv.fr.
Avantage en nature et forfait mobilités durables : ce que ça change pour vos salariés
Nadia gère le parc de vélos d'une collectivité à Bagnolet. Une question revient souvent : est-ce que le salarié doit payer des cotisations sur le vélo mis à sa disposition ?
Réponse courte : non. Mettre une flotte de vélos à disposition permanente des salariés, pour leurs trajets domicile-travail, constitue en principe un avantage en nature. Mais l'URSSAF applique une tolérance : cet avantage est négligé. Pas de cotisations sociales dessus.
À côté de ça, l'entreprise peut verser le forfait mobilités durables (FMD). Ce forfait est exonéré d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales jusqu'à 600 € par an et par salarié. En cas de cumul avec la prise en charge d'un abonnement de transport public, l'exonération grimpe à 900 € par an et par salarié. Le vélo personnel, y compris le vélo à assistance électrique, est un mode éligible au FMD. Dans le privé, ce forfait reste facultatif : c'est l'employeur qui décide de le mettre en place.
Ces deux dispositifs se cumulent bien avec une flotte en LLD : l'avantage en nature négligé sur les vélos de flotte, et le FMD si l'entreprise choisit aussi de le verser.
Un point à corriger : il n'existe plus d'aide d'État à l'achat d'un vélo
Beaucoup de dirigeants pensent encore au bonus vélo. Il faut le dire clairement. Le bonus vélo national est supprimé. La prime à la conversion aussi, même pour un vélo électrique. Les deux ont disparu depuis le 15 février 2025, selon economie.gouv.fr. Aucun montant ne se cumule plus avec ce dispositif pour financer une flotte en 2026. Les seuls leviers qui restent, côté État, sont la réduction d'impôt IS sur la flotte et le forfait mobilités durables versé par l'employeur.
Le vélo électrique reste-t-il un simple vélo ?
Une flotte moderne inclut souvent des vélos à assistance électrique (VAE). Une règle simple protège l'entreprise. Un vélo électrique reste un vélo, sans immatriculation ni assurance moto, à deux conditions : l'assistance se coupe à 25 km/h, et le moteur ne dépasse pas 250 watts. Au-delà de ces deux seuils, le véhicule doit être immatriculé comme un cyclomoteur.
Pour une flotte d'entreprise, ce point mérite d'être vérifié à l'achat ou à la signature du contrat de location : tous les VAE proposés doivent respecter ces deux limites.
Quel budget prévoir pour une flotte en LLD ?
Le calcul de base est simple dans sa logique : un loyer mensuel par vélo, multiplié par le nombre de vélos, plus les options choisies (entretien, assurance, services d'atelier). Le montant exact varie selon le loueur, le modèle de vélo et les options. Il n'existe pas de tarif unique à citer ici : seul un devis donne un chiffre fiable.
Trois leviers allègent la facture. La réduction d'impôt IS de 25 % sur le loyer, si l'engagement dépasse trois ans. L'avantage en nature négligé sur l'usage privé. Et le forfait mobilités durables, si l'entreprise choisit de le verser. Additionnés, ces trois leviers changent beaucoup le budget net d'une flotte, même si le loyer brut ne bouge pas.
Pour cadrer un projet de flotte à l'échelle de toute l'entreprise, notre conseil en mobilité pour votre entreprise aide à poser ces choix avant de signer un contrat de LLD.
Bien choisir : la mise en selle change tout
Une flotte de vélos qui reste au garage ne sert à rien. Sophie l'a compris vite : sur ses douze vélos livrés à Vélizy-Villacoublay, trois salariés n'avaient pas fait de vélo en ville depuis dix ans.
C'est là qu'intervient la mise en selle. Nos intervenants, certifiés CQP Animateur de Mobilité à Vélo (RNCP 40916), viennent directement sur le site de l'entreprise pour remettre les salariés en confiance sur deux roues, en conditions réelles de trajet domicile-travail. Notre page aider vos salariés à se remettre en selle détaille comment se déroule cet accompagnement.
Pour la partie flotte elle-même, notre offre dédiée au vélo de fonction pour vos salariés couvre le choix des modèles, l'équipement et le suivi du parc. Et pour aller plus loin sur le volet RH du projet, le guide RH mobilité vélo en entreprise détaille la communication interne et l'adhésion des équipes.
Une flotte en LLD, bien accompagnée dès la livraison, s'utilise. Une flotte livrée sans accompagnement finit trop souvent au garage.
Nos cours associés
Passez à la pratique avec un moniteur certifié CQP AMV en Île-de-France.





