Sept heures et demie, devant une école de Romainville. Sonia, 34 ans, gare sa voiture en double file pour déposer son fils. Le trajet fait trois kilomètres. Elle patiente au feu, moteur allumé.
Ici, mobilité veut dire se déplacer. La mobilité à vélo, c'est utiliser le vélo comme mode de déplacement pour les trajets du quotidien — courses, école, rendez-vous, travail — pas comme un sport. En France, la voiture reste largement majoritaire sur les trajets courts, montrent les chiffres INSEE détaillés plus loin, alors même qu'une bonne partie des actifs habite tout près de son travail. Ce guide réunit les chiffres datés, les deux raisons mesurables de s'y mettre, le minimum que dit le code de la route, la méthode par étapes, ce que l'État organise, ce qui aide financièrement, et où nous intervenons.
Mobilité douce, mobilité active, mobilité à vélo : de quoi parle-t-on ?
On confond souvent trois mots. Voici la différence, en clair.
La mobilité douce, d'abord. Elle regroupe tous les déplacements sans moteur : la marche, le vélo, la trottinette, les rollers. L'INSEE parle de « modes de transport doux » pour désigner cet ensemble.
Les mobilités actives, ensuite. C'est le mot des politiques publiques. Le plan vélo et marche, porté par le ministère chargé des transports, vise justement à développer ces mobilités actives au quotidien.
La mobilité à vélo, enfin — le sujet de ce guide. C'est le vélo utilisé comme un mode de déplacement, au même titre que la voiture ou le bus. Pas comme un sport.
Ce que la mobilité à vélo n'est pas : un entraînement sportif, une sortie du dimanche, ou la mobilité articulaire d'un genou de cycliste. Ici, mobilité veut dire se déplacer.
Où en est la France, et l'Île-de-France, en chiffres datés
En chiffres, la France reste à la traîne. Voici où elle en est, avec l'année de chaque mesure.
En bref, chiffres datés :
- 2017 (INSEE) : 74 % des actifs vont au travail en voiture, 2 % à vélo.
- 2017 (INSEE) : sous 5 km, 60 % encore en voiture, seulement 5 % à vélo.
- Début 2020 (INSEE) : la part du vélo atteint 6,0 % dans les communes-centres.
- 2019 (CGDD) : 3 % des déplacements se font à vélo en France, 24 % à pied.
Le paradoxe tient à la distance. Un tiers des actifs habite à 5 km ou moins de son travail, selon l'INSEE, et la voiture y reste pourtant majoritaire. Entre 2015 et 2020, la part du vélo dans les trajets domicile-travail est passée de 2,0 % à 2,9 % au niveau national. À Grenoble et à Strasbourg, 17 % des actifs pédalent pour aller travailler.
En Île-de-France, les distances changent la donne. Un Francilien sur deux habite à plus de 9 km de son travail — 5 km à Paris, 20 km en Seine-et-Marne. Sur les trajets de moins de 5 km, 21 % des Franciliens marchent et 5 % pédalent ; la marche domine sous 4 km, le vélo prend le relais entre 4 et 5 km.
Léa, 29 ans, travaille à Pantin. Son bureau est à 4 km de chez elle, à Saint-Denis. Longtemps, elle a pris le RER pour deux malheureuses stations. Elle correspond exactement à la tranche où le vélo devient le mode le plus rapide.
Selon Vélo & Territoires, cité par le ministère chargé des transports, les passages de vélos comptés ont progressé de 48 % en 2023 par rapport à 2019 — un comptage de passages, pas une part modale. Pour le trajet domicile-travail au complet, itinéraire et équipement compris, le guide du vélotaf va plus loin que ce pilier.
Trente minutes par jour et des kilomètres sans carbone
Pourquoi s'y mettre, concrètement ? Trois raisons tiennent debout, chiffres à l'appui.
D'abord la santé. Selon Manger Bouger, le programme de Santé publique France, il faut viser au moins 30 minutes d'activités physiques dynamiques par jour, et les trajets quotidiens y comptent pleinement. Marcher, pédaler ou rouler en trottinette pour aller faire ses courses ou au travail participe à ce total. Les bienfaits du vélo au quotidien sur la santé creusent le sujet.
Ensuite le carbone. Un kilomètre à vélo mécanique émet 0,17 gramme de CO2e par personne, contre 11 grammes en vélo à assistance électrique (VAE) et 142 grammes en voiture thermique diesel moyenne, selon l'ADEME. Le calcul est simple : c'est environ treize fois plus qu'un VAE.
Enfin la distance. Sonia le sait bien : son trajet de trois kilomètres jusqu'à l'école se ferait en dix minutes de vélo, feux compris. En Île-de-France, sous deux kilomètres, 40 % des trajets se font déjà à pied ou à vélo — mais 31 % encore en voiture, et jusqu'à 44 % dans le territoire d'Est Ensemble.
Bref. Sur les trajets courts, le vélo gagne sur presque tous les tableaux : la santé, le climat, et souvent le temps de trajet lui-même.
Ce que dit le code de la route, l'essentiel avant de partir
Voici le minimum que la loi impose à vélo, article par article.
Le casque est obligatoire pour les cyclistes de moins de douze ans, qu'ils pédalent ou soient transportés, et il doit être attaché (art. R. 431-1-3 du code de la route). L'adulte qui transporte ou accompagne un enfant de moins de douze ans doit s'en assurer. Au-delà de douze ans, la loi ne l'impose pas. Cet article du code ne fixe aucun montant d'amende : il est détaillé dans notre article sur le montant de l'amende pour défaut de casque.
Hors agglomération, la nuit ou par visibilité insuffisante, le gilet de haute visibilité est obligatoire pour le conducteur et le passager d'un vélo. En agglomération, la loi ne l'impose pas.
Sur la chaussée, trois aménagements ne se ressemblent pas : la bande cyclable est une voie réservée sur la chaussée ; la piste cyclable, une chaussée à part entière ; la voie verte, réservée aux non-motorisés, piétons et cavaliers. En zone 30, la vitesse est limitée à 30 km/h. En zone de rencontre, à 20 km/h, et les piétons y sont prioritaires. Dans les deux cas, toutes les chaussées sont à double sens pour les cyclistes, sauf dispositions différentes prises par l'autorité investie du pouvoir de police.
En 2025, 235 cyclistes sont morts sur les routes de France métropolitaine, sur 3 263 personnes tuées au total, selon l'ONISR. Cyclistes et utilisateurs d'engins de déplacement personnel motorisé (EDPm) réunis représentent 10 % des tués. C'est justement pour cela que la circulation s'apprend d'abord en milieu protégé, avant de rouler en ville. Pour le reste des règles — sas vélo, priorité au feu, éclairage — direction les autres règles du code de la route à vélo.
Comment s'y mettre, étape par étape
Thomas, 52 ans, habite Nanterre. Il n'a pas touché un vélo depuis vingt ans et se demande par où commencer. Voici la méthode, en cinq étapes.
1. Apprendre ou reprendre. Si vous n'avez jamais fait de vélo, on démarre par apprendre à faire du vélo adulte ; si vous en avez fait mais que ça remonte à loin, une remise en selle suffit généralement. Notre guide pour apprendre le vélo à l'âge adulte détaille la progression.
2. Circuler en milieu protégé. Vient ensuite une initiation à la mobilité à vélo en milieu protégé : signalisation, position sur la voie, interactions avec les autres usagers, loin du trafic dense.
3. Passer en milieu ouvert. L'éducation à la mobilité à vélo en milieu ouvert travaille la gestion des intersections, la cohabitation avec le trafic motorisé et l'anticipation des situations de danger.
4. Un premier trajet domicile-travail accompagné. On refait ensemble votre trajet réel, avec un premier trajet domicile-travail accompagné et un débriefing à la clé.
5. Combiner vélo et transports en commun. Pour les trajets plus longs, le conseil en intermodalité vélo et transports en commun aide à choisir entre vélo-train, vélo-métro ou vélo-bus, les parkings vélo, et les vélos pliants ou compacts. Les règles d'accès au vélo dans un train ou un RER varient selon la ligne et l'heure : vérifiez-les sur le site de l'opérateur.
Rien n'oblige à suivre les cinq étapes dans l'ordre : beaucoup d'adultes qui roulent déjà commencent directement à l'étape 2.
Ce que l'État organise : plan vélo, savoir rouler, Mai à vélo, Semaine de la mobilité
Derrière ces chiffres, il y a une politique publique organisée en plusieurs volets.
Le plan vélo et marche 2023-2027, lancé en septembre 2022 à la suite d'un premier plan en 2018, poursuit trois ambitions : rendre le vélo accessible à tout âge, en faire une alternative à la voiture sur les trajets courts et un complément aux transports collectifs sur les plus longs, et soutenir la filière économique du vélo.
Le savoir rouler à vélo forme les enfants à l'autonomie sur la route. Depuis avril 2019, 480 000 enfants ont reçu une attestation, selon le ministère chargé des transports. L'objectif pour 2027 est qu'une classe d'âge entière en bénéficie, soit 850 000 enfants par an. Le savoir rouler à vélo expliqué détaille le dispositif ; nos interventions savoir rouler pour les écoles et collectivités s'inscrivent dans ce cadre, sur devis.
Depuis 2021, Mai à vélo fédère chaque année les événements du mois de mai partout en France ; en 2023, plus de 4 000 ont été recensés. Le programme Mai à vélo 2026 donne le détail de l'édition en cours.
Chaque année du 16 au 22 septembre a lieu la Semaine européenne de la mobilité, une campagne annuelle de la Commission européenne. Le thème de l'édition 2026 était « la mobilité pour tous ».
Ce qui aide financièrement, et ce qui n'existe plus
Deux choses à savoir avant de sortir la calculette.
Le forfait mobilités durables (FMD) est une faculté de l'employeur, pas une obligation : il peut verser jusqu'à 600 euros par an et par salarié exonérés de cotisations sociales, et jusqu'à 900 euros en cumul avec la prise en charge d'un abonnement de transports en commun, selon les mêmes règles pour tous les salariés, précise l'URSSAF. Les modalités du forfait mobilités durables sont détaillées dans notre article dédié.
Côté achat, en revanche, il faut être clair : le bonus vélo et la prime à la conversion pour un cycle n'existent plus depuis le 14 février 2025, selon Service-Public. Des aides locales subsistent selon les territoires — à vérifier auprès de sa mairie ou de sa collectivité. Notre point sur les aides locales à l'achat d'un vélo fait le tour de la question.
Où nous intervenons, pour les particuliers comme pour les employeurs et les collectivités
Pour les particuliers, la progression se fait par étapes, comme on vient de le voir plus haut : apprendre ou reprendre, circuler en milieu protégé, puis en milieu ouvert, jusqu'au premier trajet domicile-travail accompagné.
Pour les employeurs et les collectivités, trois formats existent, tous sur devis. Une sensibilisation à la mobilité à vélo en entreprise ou en collectivité prend la forme de conférences, d'ateliers participatifs et de démonstrations pratiques. L'éducation à la mobilité en milieu ouvert, vue plus haut, se déploie aussi pour un groupe de salariés. Et pour une journée événementielle — Mai à vélo, Semaine de la mobilité, ou toute autre date — une animation vélo pour un événement réunit petits et grands autour du vélo.
Qui intervient ? Un intervenant titulaire du CQP Animateur de mobilité à vélo (RNCP40916), qui se déplace en Île-de-France depuis Romainville. Aucune agence locale, aucune zone « couverte » : on vient à vous.
Combien ça coûte ? Ça dépend du format, de la durée et du nombre de participants : mieux vaut nous demander un devis directement. Nos formats pour les entreprises et nos formats pour les collectivités complètent l'offre.
Une entreprise ou une collectivité à la recherche d'une action mobilité ?
Décrivez-nous le format souhaité, la date et le nombre de participants. Sur devis, sans engagement. Demander un devis →
Questions fréquentes
Nos cours associés
Passez à la pratique avec un moniteur certifié CQP AMV en Île-de-France.








