Julien repose son café et regarde le tableur ouvert sur son écran. Responsable RH dans une PME de trente salariés à Montreuil, il doit présenter un budget de flotte de vélos vendredi. Son directeur veut un chiffre, pas une estimation vague.
Bonne nouvelle : ce budget ne se résume pas au prix des vélos. Il inclut les casques, les antivols, l'assurance contre le vol, l'entretien et le stationnement. Et une bonne partie de cette dépense revient dans les caisses de l'entreprise. Les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés (IS) peuvent déduire jusqu'à 25 % du prix d'achat ou de location TTC de leur flotte, mise gratuitement à disposition des salariés pour le trajet domicile-travail. Ce mécanisme existe grâce à l'article 220 undecies A du code général des impôts, et il s'applique jusqu'au 31 décembre 2027 (source : Légifrance).
Pour bâtir un budget fiable, mieux vaut passer par notre guide complet de gestion d'une flotte de vélos en entreprise. Il détaille chaque poste de dépense, du choix des vélos jusqu'à la maintenance.
Ce qui compose vraiment le budget
Une flotte de vélos d'entreprise, ce n'est pas juste des vélos garés dans un local. Le budget couvre plusieurs postes :
- l'achat ou la location des vélos
- les équipements de sécurité (casques, antivols agréés)
- l'assurance contre le vol
- l'entretien courant et les révisions
- le local ou l'aire de stationnement sécurisée
Tous ces postes ne coûtent pas la même chose selon la taille du parc et le niveau d'équipement choisi. C'est pour ça qu'un chiffrage précis passe par un devis sur mesure, pas par une moyenne nationale. Julien, lui, a fini par demander un contrat d'entretien et de réparation pour sa flotte de vélos. Son entreprise est basée à Montreuil : elle a pu s'appuyer sur notre service d'entretien de flotte de vélos à Montreuil pour avoir un chiffre local, pas une estimation nationale.
La réduction d'impôt qui change tout le calcul
Concrètement, sur chaque euro dépensé pour la flotte, vingt-cinq centimes peuvent revenir sous forme de réduction d'impôt. C'est le cœur du dispositif. Trois règles à connaître.
D'abord, seules les entreprises soumises à l'IS y ont droit. Une entreprise à l'impôt sur le revenu (IR) ne peut pas en bénéficier.
Ensuite, pas besoin d'une grosse flotte pour démarrer. L'entreprise peut bénéficier de la réduction d'impôt dès l'achat du premier vélo mis gratuitement à disposition des salariés.
Enfin, en cas de location plutôt que d'achat, un détail compte : le contrat de location doit courir sur trois ans minimum pour ouvrir droit à la réduction.
Nadia dirige un cabinet de conseil à Créteil, quinze salariés. Elle a choisi la location longue durée plutôt que l'achat, pour ne pas immobiliser de trésorerie sur du matériel. Son comptable lui a signalé le point clé : sans engagement de trois ans, pas de réduction d'impôt. Elle a donc signé un contrat de LLD de 36 mois, et sécurisé l'avantage fiscal dès la première facture.
Le forfait mobilités durables : un second levier, facultatif
Le forfait mobilités durables (FMD) n'a rien à voir avec la flotte fournie par l'entreprise. Il indemnise un salarié qui utilise son propre vélo pour venir travailler. C'est un dispositif facultatif : l'employeur choisit de le mettre en place ou non, et fixe lui-même le montant.
En 2025, ce forfait est exonéré de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu jusqu'à 600 € par an et par salarié. Ce plafond grimpe à 900 € par an quand le FMD se cumule avec la prise en charge d'un abonnement de transport public ou d'une location de vélo.
Mamadou est comptable dans une entreprise de logistique à Bobigny. Sa direction a mis en place le forfait, mais seulement pour les salariés du siège. Erreur classique. La loi exige un traitement équivalent pour tous les salariés éligibles. Sans ça, l'entreprise risque une amende de 750 € pour une personne physique, ou 3 750 € pour une personne morale. Mamadou a fait corriger le dispositif avant le contrôle URSSAF suivant.
Une aide qui n'existe plus : le bonus vélo national
Attention à un piège fréquent. Le bonus vélo national et la prime à la conversion pour l'achat d'un vélo ont existé, mais ils sont supprimés depuis le 15 février 2025. Ne comptez plus dessus pour financer une flotte d'entreprise. Les deux vrais leviers actifs restent la réduction d'impôt IS de 25 % et le forfait mobilités durables.
Acheter ou louer : ce qui change pour le budget
Les deux options ouvrent droit à la réduction d'impôt de 25 %. La différence se joue ailleurs.
L'achat immobilise de la trésorerie dès le départ, mais le vélo devient un actif de l'entreprise, amorti dans le temps. La location longue durée étale la dépense en loyers mensuels, sans sortie de cash immédiate, mais elle engage l'entreprise sur trois ans minimum pour garder l'avantage fiscal.
Le bon choix dépend de la trésorerie disponible et de la taille du parc visé. Pour trancher, notre accompagnement en conseil mobilité pour entreprises permet de comparer les deux scénarios chiffrés, avec les vrais coûts de votre parc et de votre secteur.
Alors, combien ça coûte vraiment ?
Le montant exact dépend de trois choses : le nombre de vélos, le niveau d'équipement, et le choix entre achat et location. Aucun chiffre national ne peut remplacer un devis réel. Ce qui est certain, en revanche : jusqu'à un quart de la dépense revient via la réduction d'impôt IS, et le forfait mobilités durables peut alléger encore le coût pour les salariés qui roulent avec leur propre vélo.
Julien a fini par obtenir son chiffre pour vendredi. Pas une estimation vague : un devis réel, avec le calcul de la réduction d'impôt appliqué dessus.
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