Sophie ferme son ordinateur portable et soupire. Responsable RH dans une entreprise de transport à Nanterre, elle doit présenter un projet de flotte de vélos au comité de direction dans dix jours. Ses collègues posent tous la même question : par où commencer ?
Concrètement, une flotte de vélos se met en place en six étapes : diagnostiquer les trajets domicile-travail des salariés, choisir entre vélo mécanique et vélo à assistance électrique (VAE), décider entre achat et location, attribuer chaque vélo nominativement, organiser stationnement et entretien, puis activer les leviers fiscaux disponibles. Deux dispositifs soutiennent la démarche. Une réduction d'impôt sur les sociétés plafonnée à 25 % du prix d'achat ou de location TTC des vélos, prévue par l'article 220 undecies A du code général des impôts (source : service-public.fr). Et un forfait mobilités durables, facultatif, jusqu'à 600 € par salarié et par an. Le guide complet de gestion d'une flotte de vélos en entreprise détaille chaque poste en profondeur. Voici comment Sophie, Karim et Linh ont construit leur propre plan.
Où commencer : le diagnostic des besoins
Avant d'acheter le moindre vélo, il faut cartographier les trajets. Combien de salariés habitent à moins de dix kilomètres du bureau ? Quel relief traversent-ils ? Un terrain plat n'appelle pas le même vélo qu'une route vallonnée.
Sophie a distribué un questionnaire simple à ses trente salariés. Résultat : dix-huit d'entre eux vivent à moins de sept kilomètres du site de Nanterre. Ce chiffre, elle l'a présenté tel quel à sa direction. Pas d'estimation nationale, une vraie photo de son entreprise.
VAE ou vélo mécanique : comment trancher
Les deux types de vélos ouvrent droit aux mêmes avantages fiscaux. Le choix dépend surtout de la distance et du relief, pas du budget.
Karim gère une PME de logistique à Bagnolet, avec quinze salariés répartis sur tout l'est parisien. Certains font douze kilomètres aller-retour, avec des côtes. Il a opté pour des VAE. Réglementairement, un vélo à assistance électrique reste un simple cycle : moteur limité à 250 watts, assistance coupée à 25 km/h. Pas besoin de permis ni d'immatriculation pour l'utiliser. Pour les trajets courts et plats, Karim a gardé des vélos mécaniques, moins chers à entretenir sur la durée.
Pour préparer les équipes à un usage sûr du VAE en ville avant la mise en circulation de la flotte, notre formation à la conduite d'un vélo à assistance électrique couvre freinage, trajectoires et gestion de l'assistance.
Acheter ou louer : la règle des trois ans
Acheter immobilise de la trésorerie, mais crée un actif. Louer étale la dépense, mais engage l'entreprise. Un détail fiscal tranche souvent le débat : en cas de location, le contrat doit courir sur trois ans minimum pour rester éligible à la réduction d'impôt.
Linh dirige une jeune entreprise de conseil à Vincennes. Huit salariés, trésorerie serrée après une levée de fonds. Elle a signé un contrat de location de 36 mois pile, pour ne pas perdre l'avantage fiscal sur un mois d'écart. Pour ce genre d'arbitrage, un accompagnement en mobilité vélo dédié aux entreprises compare les scénarios chiffrés avant la signature.
Organiser la flotte au quotidien
Une fois les vélos choisis, restent les questions pratiques. Chaque vélo doit être attribué nominativement à un salarié, pas partagé au hasard. Un référent mobilité, souvent quelqu'un des ressources humaines ou des services généraux, centralise les demandes et suit l'usage réel.
Le stationnement sécurisé compte autant que le choix du vélo. Un local fermé, ou à défaut des arceaux sous vidéosurveillance, limite fortement le risque de vol. Une assurance dédiée contre le vol complète le dispositif. Sans elle, un vélo volé, c'est un budget reparti à zéro.
Qui s'occupe de l'entretien
Un vélo mal entretenu tombe en panne, et un salarié en panne reprend sa voiture. L'entretien n'est donc pas un détail.
Deux options existent : un atelier interne, si l'entreprise a les compétences, ou un prestataire externe qui suit toute la flotte. Sophie a choisi la seconde option. Le contrat d'entretien et de réparation pour flotte de vélos couvre les révisions périodiques et les pannes ponctuelles, sans que son équipe RH ait à gérer un atelier. Basée à Nanterre, elle s'appuie sur l'intervention locale d'entretien de flotte à Nanterre pour un suivi de proximité, sans délai d'attente pour ses salariés.
Le levier fiscal : la réduction d'impôt de 25 %
Voici le chiffre qui a convaincu le directeur financier de Sophie. Une entreprise soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) qui met gratuitement une flotte à disposition de ses salariés peut déduire jusqu'à 25 % du prix d'achat ou de location TTC des vélos de l'exercice. Ce mécanisme, prévu par l'article 220 undecies A du code général des impôts, s'applique aux frais engagés jusqu'au 31 décembre 2027 (source : service-public.fr, fiche F38051).
Trois précisions changent la donne. D'abord, seules les entreprises à l'IS en bénéficient ; celles à l'impôt sur le revenu (IR) en sont exclues. Ensuite, pas besoin d'une grosse flotte pour démarrer : la réduction s'applique dès l'achat du premier vélo, confirme le BOFiP (BOI-IS-RICI-20-30). Enfin, vélos mécaniques et VAE sont tous les deux éligibles.
Le forfait mobilités durables, en complément
Le forfait mobilités durables (FMD) fonctionne différemment. Il ne finance pas la flotte de l'entreprise : il indemnise un salarié qui roule avec son propre vélo. Ce dispositif reste facultatif, sans montant minimum ni maximum imposé par la loi.
En pratique, il est exonéré de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu jusqu'à 600 € par an et par salarié, ou 900 € en cumul avec la prise en charge d'un abonnement de transport public ou d'une location de vélo (source : service-public.fr, fiche F33808). Un point de vigilance, cependant. S'il est mis en place, le FMD doit bénéficier à tous les salariés éligibles, dans les mêmes conditions. Faute de quoi, l'employeur risque une amende de 750 € pour une personne physique, ou 3 750 € pour une personne morale.
Un piège à éviter : le bonus vélo national
Certains salariés réclament encore le bonus vélo pour financer leur propre achat. Mauvaise nouvelle : ce dispositif national et la prime à la conversion sont supprimés depuis le 15 février 2025 (source : economie.gouv.fr). Il ne reste que deux leviers actifs pour une flotte d'entreprise : la réduction d'impôt IS et le forfait mobilités durables. Mieux vaut le dire clairement en réunion, pour éviter les fausses attentes.
Les prochaines étapes
Diagnostic, choix des vélos, montage juridique, organisation quotidienne, fiscalité : chaque étape a son propre livrable. Pour bâtir un budget chiffré autour de ces choix, le calcul du coût réel d'une flotte de vélos détaille chaque poste, avec les mêmes règles fiscales appliquées à des cas concrets.
Sophie, elle, a présenté son plan au comité de direction. Dix-huit VAE et vélos mécaniques, un contrat d'entretien local, une réduction d'impôt calculée avec son comptable. Son directeur financier a validé le dossier en quinze minutes. Pas mal, pour un projet qui semblait flou dix jours plus tôt.
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