Au feu vert, Thomas s'engage sur son vélo à assistance électrique tout neuf. Un piéton descend du trottoir sans regarder, et le vélo continue d'avancer pendant la seconde où Thomas comprend qu'il doit freiner.
Pourquoi un VAE s'arrête plus loin qu'un vélo classique
Un vélo à assistance électrique s'arrête plus loin qu'un vélo classique pour trois raisons. D'abord son poids : selon la fiche Certu de 2011, un VAE pèse entre 16 et 30 kg, soit 6 à 8 kg de plus qu'un vélo classique comparable. Ensuite sa vitesse : le Code de la route coupe l'assistance à 25 km/h, une allure qu'on tient plus longtemps sans effort qu'en pédalant seul. Enfin le temps de réaction, lui, ne change pas.
Cette masse se sent au moment de freiner, pas en roulant : plus il y a de kilos, plus le dosage compte. Pour l'équilibre, le démarrage ou le choix d'une formation, notre guide pour apprendre à rouler en vélo électrique couvre l'ensemble.
La seconde qui compte : distance de réaction et distance de freinage
La distance d'arrêt se compose de deux temps, explique la Sécurité routière : la réaction, puis le freinage. Le temps de réaction varie de 1 à 2 secondes en moyenne.
On peut calculer ce que ça représente à 25 km/h : environ 7 mètres par seconde. Pendant 1 à 2 secondes de réaction, ça fait environ 7 à 14 mètres parcourus avant même que les freins n'agissent — un calcul, pas une mesure.
Et la distance de freinage elle-même, une fois les freins serrés ? Aucune source officielle ne la chiffre pour un vélo à assistance électrique.
Ce que le Code de la route impose : deux freins efficaces et une vitesse maîtrisée
Tout cycle doit être muni de deux dispositifs de freinage efficaces, dit l'article R315-3 : rouler avec un seul frein qui fonctionne est une contravention de première classe. La Sécurité routière le confirme : deux freins, avant et arrière.
Un autre article impose de rester maître de sa vitesse, et de la réduire sur chaussée glissante, en virage, en descente ou aux intersections sans visibilité : l'article R413-17. Vitesse inadaptée : 135 € d'amende forfaitaire, selon le barème vélo de la Sécurité routière. Le montant pour défaut de freinage, lui, diffère entre deux sources officielles : on s'en tient donc à la contravention de première classe, sans montant.
Un VAE reste un cycle tant que l'assistance ne dépasse pas 25 km/h. Au-delà, il devient un cyclomoteur : ce que change le débridage d'un VAE mérite un article à part.
Comment freiner avec un vélo électrique : deux leviers, deux doigts, progressivement
Le programme national Savoir Rouler à Vélo l'enseigne dès l'école.
Les deux leviers en même temps, deux doigts au plus
On serre les deux leviers ensemble, jamais un seul, avec deux doigts au maximum, dit la fiche officielle du programme. On dose la pression progressivement, pour s'arrêter dans une zone fixée à l'avance.
Cesser de pédaler avant de freiner
L'assistance se coupe dès qu'on arrête de pédaler. Continuer de pédaler en freinant revient donc à freiner contre le moteur. Mieux vaut lâcher les pédales une fraction de seconde avant de serrer les leviers.
Le poids vers l'arrière, les bras tendus
Le freinage transfère le poids vers l'avant du vélo. Un frein avant serré d'un coup sec peut bloquer la roue avant ou soulever la roue arrière : c'est ce que Bosch décrit pour son système ABS. On ne conseille pas d'en acheter un en particulier, faute de mesure officielle sur ce qu'il change à la distance d'arrêt. En pratique, on recule le bassin et on tend les bras. Ce geste se travaille lors d'une première prise en main d'un vélo électrique en milieu protégé, loin de la circulation.
Pluie, pavés, descentes, carrefours : les situations qui allongent l'arrêt
Aïssatou roule tous les jours en VAE, pluie ou pas. Elle a appris à anticiper les intersections depuis le jour où sa roue arrière a glissé sur des pavés mouillés.
Certaines situations méritent une attention particulière, et l'article dont on a parlé plus haut le prévoit :
- chaussée mouillée, pavés ou route glissante ;
- virages, où l'adhérence baisse ;
- descentes, où la vitesse monte sans qu'on pédale ;
- sommets de côte et intersections sans visibilité dégagée ;
- passages piétons : un vélo électrique roule presque silencieusement, un piéton peut ne pas l'entendre venir.
À vitesse d'assistance tenue sans effort, on aborde ces situations plus vite qu'on ne le croit. Selon l'ONISR, un cycliste court un risque d'accident trois fois plus élevé qu'un automobiliste, et seize fois plus élevé d'être gravement blessé.
L'entretien qui garde le freinage efficace
Garder un freinage efficace demande surtout de la régularité. Le site public de l'entretien recommande quelques gestes simples :
- vérifier la pression des pneus avant chaque sortie ;
- contrôler l'usure des plaquettes ou des patins, et le serrage des freins, 3 à 4 fois par an, plus souvent en usage quotidien ;
- ne jamais pulvériser d'huile sur la chaîne sans avoir protégé les disques de frein au préalable ;
- faire réviser le vélo par un professionnel 1 à 2 fois par an.
Le premier conseil de la Sécurité routière reste de vérifier ses freins avant de partir. Quel que soit le type de frein — disque, plaquettes ou patins —, la distance d'arrêt dépend d'abord de la vitesse et de l'état de la chaussée. Pour le réglage, notre article pour régler ou changer ses plaquettes de frein détaille chaque étape.
Cyclistes et VAE en 2025 : les chiffres du bilan ONISR
En 2025, 235 cyclistes sont morts sur les routes françaises (11 de plus qu'en 2024), et 2 800 ont été blessés graves (+9 %), selon le bilan définitif 2025 de l'ONISR, publié le 29 mai 2026. La moitié des tués avaient 65 ans ou plus, et 41 % l'ont été dans un accident sans autre véhicule impliqué : une chute seule n'a besoin de personne d'autre.
Parmi eux, 31 usagers de VAE sont décédés en 2025, un de moins qu'en 2024, dont 16 de plus de 65 ans, environ deux tiers en agglomération. L'ONISR ne publie pas le nombre de kilomètres parcourus en VAE : impossible de dire s'il est plus ou moins risqué qu'un vélo classique.
Mesurer sa distance d'arrêt réelle : par quoi commence le cours
Personne ne publie la distance d'arrêt réelle d'un VAE en particulier : elle dépend du poids du vélo, des pneus, des freins et du style de conduite. C'est par là que commence notre cours de maîtrise du VAE en circulation : on mesure la distance d'arrêt réelle du stagiaire, sur son propre VAE, puis on travaille le dosage des deux freins et l'anticipation.
Une à deux séances suffisent pour la plupart, selon ce qui ressort du diagnostic. Pour une première fois sur un vélo électrique, mieux vaut d'abord passer par l'initiation, en milieu protégé, avec le VAE du stagiaire ou un modèle mis à disposition.
Le cours est encadré par un intervenant titulaire du CQP Animateur Mobilité à Vélo (RNCP40916) — une certification de branche, pas un diplôme d'État. Le matériel et l'intervenant se déplacent depuis Romainville. Le tarif est détaillé sur la page du cours : pour réserver un diagnostic, nous écrire pour une séance.
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